Petite balade dans ma commune ce 11 juillet avec une petite idée derrière la tête.
Drogenbos, pour beaucoup, c’est juste une sortie du ring, un zoning commercial, des concessions automobiles, des supermarchés. La commune résiste comme elle peut à la bétonisation et le futur zoning Catala en est le dernier épisode en date. Et pourtant, en s’éloignant de quelques centaines de mètres de l’avenue principale, quelque chose change. L’impression de village tient bon. Les façades, les ruelles, la lumière du soir sur les toits tout ça existe encore.
On passe devant les mêmes endroits depuis des années sans vraiment les voir. Le regard s’émousse, l’habitude anesthésie.
Et pourtant, le point de vue change tout. La photo, c’est justement l’art de révéler un endroit non pas tel qu’il est, mais tel qu’on choisit de le regarder. Mon intention : se reconnecter à ce qui nous entoure. Ce qui est là, juste là, à portée de regard et qu’on ne voit plus vraiment.
Ce que peu de gens savent : Drogenbos fut autrefois un refuge de peintres. Louis Thévenet, figure du fauvisme brabançon, y initia le jeune Félix De Boeck à la peinture à l’huile. Albert Daenens, Jean Baldauf, Paul Vandebroeck y séjournèrent aussi. Félix De Boeck lui-même, l’un des pionniers de la peinture abstraite en Belgique, naquit ici en 1898, y vécut fermier-peintre toute sa vie, et y mourut en 1995 à 97 ans sans jamais avoir quitté sa commune. Sa ferme devint un lieu de rencontre pour les artistes et intellectuels de l’avant-garde dès les années 1920. Un musée lui est consacré:le FeliXart Museum. Felix De Boeck
Ces images ont fait réagir dans le groupe Facebook de la commune: certains semblaient découvrir des endroits qu’ils fréquentent pourtant depuis toujours.
C’est exactement ça qui m’intéresse.