Réveil un peu brumeux ce dimanche mais le vélo avait tout de même trouvé sa place dans le coffre: direction Lessines.
Voilà deux ans que j’ai découvert le Rallye de la Petite Reine par hasard, comme c’est souvent le cas pour les belles trouvailles. L’édition 2026 marque les 15 ans de l’événement avec près de 1 200 personnes rassemblées sur le week-end. Deux pelotons pour défiler depuis la Grand’Place de Lessines sous ce ciel de septembre capricieux. Un évènement porté par une organisation qui, derrière sa décontraction apparente, ne laisse rien au hasard.
Une mécanique bien huilée et un parcours surprenant
Ce dimanche 13 septembre, le temps était donc gris et frais, mais cela n’a freiné personne. Les bénévoles étaient postés à chaque carrefour, la police et services de secours assuraient la sécurité et une assistance vélo veillait sur le parcours en cas de pépin mécanique.
L’itinéraire propose trente kilomètres à travers la campagne de Lessines et de ses villages, en longeant par endroits la Dendre. Puis, au détour d’un chemin, surgissent les anciennes carrières de porphyre dont les activités ont cessé dans les années 1950, laissant derrière elles des plans d’eau entourés de falaises abruptes. L’eau y est d’un bleu-vert intense, presque irréel: jade ou turquoise, on se croirait soudainement en Méditerranée, offrant l’un des moments les plus saisissants du parcours.
Les spectacles : l’art de la rue dans des décors inattendus
Le Rallye s’articule autour de représentations ancrées dans des lieux atypiques :
Surcouf par la Cie Sacekripa (France) : Première étape près de l’écluse de Papignies, où la rivière elle-même sert de scène pour la première fois. Deux acrobates incarnent la vie à deux sur une barque à fleur d’eau, mêlant cirque, risque et une grande humanité.
Time to Loop par le Duo Kaos (Italie) : Au cœur d’une ferme, ce duo italo-guatemaltèque fait du vélo une véritable chorégraphie et une histoire d’équilibre, sublimée par le cadre brut du lieu.
Springtime (Pays-Bas) : Prévue en extérieur, cette performance visuelle sans dialogue a été repositionnée en quelques minutes à l’intérieur de l’église de Deux-Acren à cause de la météo. Dans la nef, le spectacle a pris une dimension inattendue, transformant ce plan B en un véritable plan A.
Mon Royaume par Les P’tits Bras (Belgique/France) : Dans la cour du Centre Culturel René Magritte, trois artistes évoluent sur une cage de 7 mètres de haut. Une mécanique circassienne drôle et vertigineuse qui rend l’acrobatie joyeuse et accessible.
L’art qui va vers les gens : une approche fondamentale
Il y a dans les arts de la rue quelque chose qui échappe à la logique habituelle : ce mouvement vers l’autre. Se déplacer jusqu’au public plutôt que d’attendre qu’il franchisse la porte d’un théâtre change toute la nature de la rencontre. Le public pédale, passe, s’arrête par curiosité. Cette rencontre imprévue n’en est pas moins culturelle, bien au contraire.
C’est précisément dans cet esprit que le décret des centres culturels de la Fédération Wallonie-Bruxelles du 21 novembre 2013 ancre ses principes de démocratie culturelle. Le Centre Culturel René Magritte a fait du Rallye de la Petite Reine sa réponse la plus vivante à cette ambition depuis 15 ans.
Si vous organisez un festival en plein air, un événement culturel ou associatif en Belgique, découvrez mes reportages sur mon portfolio de photographe événementiel.
Dans ce même ordre d’idées, j’accompagne également les centres culturels, communes et associations dans la conception et l’animation de projets culturels. Qu’il s’agisse de documenter une résidence d’artiste, de construire un projet citoyen participatif ou de monter une exposition, je mets mon expertise de terrain au service de vos ambitions. Découvrez cet accompagnement spécifique sur ma page dédiée aux projets culturels.
Familial, accessible, ancré dans son territoire et ouvert sur le monde : ce dimanche de septembre, le Rallye de la Petite Reine avait tout bon.