Biennale BUTOR à Molenbaix : quand l’art s’immerge dans le vivant
Photographe basé à Bruxelles, je me déplace aussi régulièrement en Belgique pour couvrir des événements culturels qui bousculent les habitudes. La première édition de la Biennale BUTOR à Molenbaix en est un parfait exemple : elle illustre à merveille ma conviction sur la nécessité d’un art qui sort des institutions pour se reconnecter à la nature, à l’humain et à son environnement.
La démarche : du reportage de terrain, pas de la reproduction d’art
Sur ce parcours, ma démarche ne relève absolument pas de la photographie de reproduction d’œuvres d’art.
Ici, il s’agit d’un reportage photographique sur le terrain. Mon objectif étant de capter la vie de l’événement dans sa globalité : la façon dont une installation habite un bosquet, la manière dont la lumière naturelle fait vibrer une affiche collée au détour d’un chemin, ou l’interaction vivante entre le paysage et les visiteurs.
La subjectivité du regard : tout ne se vaut pas pour tout le monde
Photographier la grande majorité du parcours m’a confirmé une chose : l’art en plein air libère le ressenti. Affranchis du cadre intimidant des galeries, nous réagissons tous selon notre propre sensibilité, notre vécu et notre personnalité. Certaines œuvres nous laissent complètement hermétiques, tandis que d’autres nous touchent instantanément. Cette subjectivité n’est pas un problème, c’est la richesse même de ce type d’expérience.
Mes coups de cœur et réflexions plastiques
Parmi les interventions in situ qui ont particulièrement marqué mon reportage :
Adrien Tirtiaux (Installation in-situ, architecture) : son aménagement sculptura dans un bosquet découpe la cime des arbres et réinvente l’espace arboré. Une réflexion architecturale saisissante qui fait dialoguer la structure humaine avec la cime du paysage.
Lise Duclaux (Installation in-situ, impression / affiches) : son travail d’affiches grand format et d’impressions disséminées dans le parcours interpelle directement le promeneur. En affichant des typographies et des textes poétiques, elle nous force à nous arrêter, à lire et à poser un autre regard sur l’ordinaire.
Jacques Charlier (Art conceptuel) : fidèle à son esprit caustique et satirique, l’artiste propose une installation percutante invitant à « boire à la santé des artistes morts ». En associant des bouteilles et des disques vinyles, il signe un hommage plein d’ironie à la mémoire culturelle.
Laurence Dervaux (Installation in-situ) : avec La terre saigne, cette fontaine d’eau rouge surgissant en pleine végétation crée une rupture visuelle poétique et dérangeante. Coup de coeur.
Pour découvrir la totalité des vingt artistes invités et organiser votre parcours, toutes les informations pratiques sont disponibles sur le site officiel de la Biennale BUTOR.
Un regard d’auteur sur le réel
Ce reportage sur la Biennale BUTOR témoigne de la vitalité d’un art public ancré dans son territoire. Une belle opportunité de voir la création sous un autre angle, au grand air et au fil de ses propres affinités.
A faire en famille éventuellment, c’est aussi une belle balade (compter quelques heures).